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Du Droit au développement Android, la reconversion de Sofiane

Du Droit au développement Android, la reconversion de Sofiane

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Bienvenue sur le deuxième article de la série reconversion par Mobiskill.

Aujourd’hui c’est Sofiane qui nous raconte son changement de carrière ! Il avait pris contact avec moi et j’ai été touchée par son discours. 

 

Sofiane a étudié le droit pendant plusieurs années avant de se rendre compte que ce n’était pas son domaine de prédilection. Malgré son appétence pour les nouvelles technologies, il n’avait pas envie de se lancer dans des études de 5 ans pour devenir ingénieur. Il a finalement suivi une formation accélérée à distance et il est maintenant développeur Android chez Oodrive. Il nous explique son parcours du combattant !

 

 

D’où vient ta reconversion ?

 

J’avais de l’appétence pour les nouvelles technologies, mais je n’avais jamais osé me lancer là-dedans. Je ne me sentais pas capable d’entamer des études en école d’ingénieur à cause d’a priori. J’ai abandonné cette option assez tôt. J’ai donc fait des études de droit pendant plusieurs années, mais je me suis rendu compte que je n’aimais pas trop ça…. Je me suis retrouvé à enchaîner des postes qui ne nécessitaient pas forcément de qualifications particulières. Puis il y a eu une vraie remise en question, un besoin de se faire violence : qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu veux faire ?

Ce questionnement est apparu après mon recrutement dans une école qui fait des formations axées sur la traduction et la communication. J’y suis entré en tant que chargé d’inscription, mon rôle était de gérer les aspects administratif des inscriptions. En résumé, il y avait des besoins de dématérialiser les procédures. En fait j’ai vu une opportunité de faire évoluer mon poste et c’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier. Je me suis proposé de digitaliser certains processus et modes de fonctionnement. Je me suis dit, que j’allais mettre à profit toute l’appétence que j’ai pour les nouvelles technos là-dedans. Je me suis reconstruit dans cette dynamique. Je suis passé de chargé des inscriptions à chargé de projets numériques, et ensuite à responsable de projets numériques.

J’ai beaucoup travaillé avec un ERP, conçu pour être personnalisé. Il n’y avait pas d’équipe IT interne à la structure, je me suis donc porté volontaire pour paramétrer cet outil et mettre en place des outils pour que mes collaborateurs de l’époque, ne travaillent plus chacun de leur côté et que les données ne soient plus éparpillées sur des Excels ou autres. Il fallait résoudre ce 1er problème ! C’était un travail de compréhension des systèmes de l’information, avec une volonté de créer des workflows efficaces inter services. Au final presque tout était automatisé, les informations étaient accessibles plus facilement par tous via une plateforme web. Par exemple des certificats de scolarité pour les étudiants inscrits, ou les notes saisies en ligne par les enseignants. C’était un poste assez hybride : il fallait comprendre le produit un peu comme un chef de projet et être technique. J’ai préféré la partie technique. Donc voilà comment ça s’est fait.

Malheureusement pour moi, il n’y avait pas de perspective d’évolution dans ce domaine. Il n’y avait pas assez de développement pur et dur et c’est ce qui me manquait. Evidemment pour parvenir à faire tout ça, j’ai dû me former sur le tas ! J’ai utilisé OpenClassroom à l’époque. Je me suis beaucoup cherché, j’ai exploré plusieurs technos en surface, comme du web, faire des jeux vidéo, des applications, comment fonctionne Linux et les lignes de commandes, un peu tout quoi !
Par contre, je ne savais pas du tout vers quoi m’orienter. Je n’avais pas une vraie expertise. Je devais creuser davantage vers quelque chose qui me plaisait plus.
Après un séjour en vacances au calme, j’ai bien réfléchi, je me suis fait violence et en je me suis dit qu’il était temps ! Ainsi je me suis lancé !

 

 

C’était quoi le process ?

 

La première étape était de rassembler des informations sur le métier de développeur.
Donc début 2017, j’ai débuté par une enquête métier en sollicitant des gens de mon réseau proche, puis étendu. Des personnes travaillant en tant que RH dans le milieu de l’IT et des ingénieurs. Par exemple j’ai contacté le compagnon d’une de mes collègues, qui est développeur. Toutes ces interviews m’ont conforté dans l’idée que ce métier me plaisait !
Mais après, je voulais être développeur, mais de quoi ? Lors de mes entrevues, j’ai longuement discuté avec un développeur en particulier qui avait l’habitude d’aider les gens à monter en compétences. Il a gentiment accepté de m’aider à me lancer dans mon projet de reconversion.
Il m’a donné à faire des exercices d’algorithmes en Java et m’a suivi pendant plusieurs mois. Je devais résoudre des problèmes communs en programmation, apprendre les bases du langage, il m’a donné un fil conducteur et c’était mieux que d’être livré à moi-même ! Je faisais ça après le travail, chez moi le soir. Je suis monté en compétences assez vite et j’ai pu acquérir certaines bases solides. J’ai par la suite regardé d’autres moyens de me former, mais je ne savais toujours pas sur quelle techno me positionner.
J’ai consulté les différentes formations en présentiel mais ce format ne me convenait pas. Je voulais tenter une autre approche et OpenClassroom développait des formations diplômantes en ligne. C’était du temps plein, avec des visioconférences et avec des mentors. J’ai donc dû fin 2017, cesser mon activité professionnelle pour me consacrer à une formation avec OpenClassroom.

 

 

Ça t’a pris combien de temps ?

 

J’ai mis moins d’un an à finir ma formation. Il y avait 11 projets dont 5 projets de développement et des cours sur de la conception de cahiers des charges techniques. OpenClassroom ne t’impose pas de durée, c’est toi qui choisit. J’avais cessé de travailler et j’ai financé moi-même la formation avec de l’argent mis de côté.

 

 

Comment ça marche ?

 

Tu dois livrer tes projets et les mentors vérifient que les livrables respectent bien les consignes et le cahier des charges technique. Tu dois lui présenter tes projets comme si tu étais devant un client et ensuite comme si tu parlais à un référent technique genre lead dev. Il prend le temps de regarder tes livrables et que tout fonctionne correctement.
Tu es filmé pendant le process. Ensuite un jury va regarder à nouveaux tes livrables et tes entretiens enregistrés.

 

 

Quelles difficultés as-tu rencontré ?

 

Pour moi, la stabilité financière est essentielle. Si tu n’as pas ça, tu vas vouloir essayer d’aller vite pour réduire les frais, mais finalement tu vas prendre les mauvaises décisions. Il faut donc quand même avoir du temps à consacrer ! Un ou deux ans. Et surtout, bien s’organiser.

J’ai aussi rencontré des difficultés lorsque je me suis confronté au marché du travail. Je n’étais pas forcément très proactif, je n’étais pas au taquet sur LinkedIn ou les autres sites d’emploi. Je n’aime pas trop la prospection, j’ai eu du mal à me motiver au début.

Ah, autre chose. Le sentiment de solitude est pénible, formation à distance oblige, mais en réalité, tu n’es pas tout seul. Il y a d’autres personnes qui suivent la formation avec lesquelles tu peux échanger, notamment sur Discord. Mais ça reste un paramètre à prendre en compte avant de se lancer dans une formation dans ce format là.

 

 

Raconte-nous ta recherche de poste

 

Ce n’était pas facile. Tu remets tout en question quand tu essuies des refus. Est-ce que c’est moi ? Mes compétences ? Tu arrives vite à te demander pourquoi tu t’es lancé là-dedans. Ton enthousiasme et ta motivation dégringolent ! Postuler, c’est du travail. Il faut adapter son discours, bosser sa présentation. J’avais un coach grâce à OpenClassroom, qui m’a appris à me vendre. Et oui ça s’apprend ! En plus, au début, je tombais uniquement sur des sociétés qui n’avaient pas les ressources pour me former, du coup je me suis vraiment dit que j’avais pas les épaules pour ce job…

J’ai aussi fait ma fine bouche, quelle erreur !! J’étais réticent aux ESN. Des développeurs de mon entourage m’avaient prévenu que ce n’était pas l’idéal, surtout pour débuter. Mais au final, les sociétés de service ne sont pas toutes les mêmes et il faut prendre le temps d’aller regarder.

J’ai mis 6 mois à trouver un job. Je me suis fait coaché par Openclassrooms. Je suis devenu un maître du réseautage et du LinkedIn, car au final, 70% des postes ne sont pas visibles sur Internet et il faut rester actif et prendre les devants pour être visible auprès des recruteurs !
Le plus frustrant était de voir que certaines sociétés me proposaient des postes qui n’avaient rien à voir avec ma techno. Exemple j’ai passé un test technique, la société est revenue vers moi un mois plus tard pour me proposer de faire du JavaScript alors que je postulais pour de l’Android ! Lors de certains entretiens physiques, il arrivait que le recruteur change de tête lorsqu’il  comprenait que je n’avais pas fait d’école d’ingénieur. C’était écrit sur mon CV pourtant !

Ah oui, je me souviens qu’on m’avait contacté pour un entretien sans avoir corrigé mon test technique pour me proposer un poste de QA… Ce n’était pas ce que je voulais faire
J’ai essuyé beaucoup d’échecs, dont un recrutement annulé au dernier moment. C’était la filiale d’un grand groupe, ils étaient partant pour me recruter mais au final, le grand groupe est revenu sur sa décision.

Je suis entré en contact avec des recruteurs/euses . Mais même s’ils/elles n’avaient rien pour moi il y avait souvent un bon feeling, ils voulaient m’aider, me faire avancer. Ils m’encourageaient, mais voilà la réalité du marché c’est qu’on veut un ingénieur Bac +5 qui a fait du développement pendant 5 ans. Les clients ont toujours le dernier mot. En fait, il y a plein d’idées reçues et de craintes envers les gens en reconversions alors que ce sont des gens qui en veulent, et qui sont motivés. En général on fait ça par envie et pas par dépit !

Bref, j’étais déçu de cette réalité là, mais j’ai quand même persévéré.

 

 

Comment as-tu fini par trouver ?

 

J’ai trouvé avec beaucoup de chance et le soutien inconditionnel de mon entourage !
Un jour, grâce au networking via LinkedIn, une recruteuse de chez Oodrive m’a contacté. Elle m’a proposé d’entamer un process de recrutement et je me suis dit que ce serait comme toutes les autres sociétés, qu’ils ne recrutent que des séniors. Je n’avais plus confiance en moi, après tous les événements précédents ! J’ai hésité avant de commencer le process de recrutement. C’est ma compagne qui m’a motivé et puis au final, je n’avais rien à perdre.

J’ai fait mon test, sans pression, je l’ai envoyé et je me suis dit que ça n’allait pas passer de toute façon.
Contre toutes attentes j’ai pu continuer les autres étapes du recrutement (notamment avec les entretiens qui se sont bien passés) mais j’étais sans grande conviction. Viens ensuite le moment où la recruteuse me rappelle… Je m’attendais à un non. Contre toutes attentes,  elle me fait une proposition d’embauche ! 🎉

 

 

Et maintenant, comment ça se passe ?

 

Je découvre vraiment le métier de développeur. Moi, j’ai juste appris à coder. Là j’apprends les rituels agiles (les stand-ups, les grooming…), à utiliser les outils essentiels aux métiers des devs, à développer en équipe, l’usage des code review etc… Je commence à avoir de bons réflexes maintenant et je suis prêt pour apprendre le reste.
J’ai eu de la chance de travailler sur un projet from scratch. C’est plus simple de s’y retrouver car il n’y a une base de code plus réduite, idéal pour se faire la main rapidement. J’apprends à être prudent et m’adapter au code des autres en ajoutant mon code par-dessus sans tout casser. C’est excitant et intéressant !

J’ai quand même eu mon lot de difficulté. Par exemple j’ai dû lutter contre le syndrome de l’imposteur. Il y a aussi eu une tâche qui m’en a vraiment fait bavé mais j’ai pu m’en sortir grâce à l’aide et la bienveillance de mon Lead dev. D’ailleurs il a été super, il m’a dit direct : pas de pression. On sait d’où tu viens, ce dont tu es capable. On va prendre le temps. Au final, on a pris ce temps et j’ai appris pas mal de choses. Et je continu d’apprendre et de progresser. Et je crois qu’aujourd’hui l’équipe est plutôt contente de moi. Je suis ultra content d’avoir rejoint Oodrive ! Et ultra reconnaissant qu’on m’ait donné ma chance !

 

 

Pour conclure, quels sont tes enseignements ?

 

Avec du recul, ça a quand même été un bel apprentissage et une belle expérience.
Avant j’étais plutôt introverti.  Ce passage de ma vie m’a ouvert l’esprit et désormais je me sens plus ouvert. J’en ressors grandi.
J’ai plusieurs conseils pour ceux qui entament une reconversion en tant que développeur et en général aussi. Déjà, il faut être sûr de ce que tu veux faire. La motivation est le premier facteur de réussite.

Et pour être motivé, il faut bien définir ton projet de reconversion, le métier, la techno. Faire une enquête métier n’est pas superflu, un bilan de compétence aussi.

Ensuite, il faut se dégager du temps, et bien s’organiser. Trouver le rythme qui te convient et ne pas culpabiliser quand on ne travaille pas 10 heures par jour. Rester autant de temps devant un écran sans être efficace ne sert à rien.

Pour terminer, le meilleur conseil que je pourrais donner : être bien entouré. Je n’aurai jamais réussi tout ça sans l’aide et le soutien de mes proches. Dans le coup dur ça aide pas mal pour se relever et repartir à l’assaut.

 

 

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Si la reconversion vous intéresse ou si vous vous êtes reconvertis, envoyez un mail à marine@mobiskill.fr

 

 

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Date de publication : 27 mars 2020